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La évolution de la oudre
Mise à jour le 20 août 2007



Préambule et
Technique

e but de cette page est de montrer comment les châteaux forts vont disparaître au profit de forteresses bastionnées déjà largement théorisées bien avant Vauban. Pour cela, quatre exemples seront examinés :

Namur (Belgique),
Clisson (Loire Atlantique),
Salses (Pyrennées Orientales),
Montmélian (Savoie).
.

La généralisation de l'usage de la poudre constitue une révolution qui amène à l'amélioration de l'artillerie. Aussi, ce site comporte désormais une rapide évocation de l'évolution de l'artillerie du trébuchet médiéval jusqu'au mortier lourd autrichien Skoda conçu pour pulvériser les forts en 1914.

Les premières bouches à feu ont principalement été dangereuses pour... leurs utilisateurs! Pièces de canons en bois, tirant des boulets de pierre, elles n'avaient pas grande utilité militaire si ce n'est de faire beaucoup de bruit. Utilisées dès le XIVème siècle, ces bombardes sont principalement améliorées dès la fin du XVème. Charles VII va se doter d'une des artilleries les plus importantes, et des plus efficaces, qu'on ait alors jamais vues. Canons en bronze, boulets en fonte et types "standardisés" (pour des raisons de logistique) vont permettre à l'armée de France de s'ouvrir un boulevard en Italie (c'est un jeu de mots : le boulevard désigne à l'origine un élément de fortification!).
Une autre raison fondamentale de l'efficacité accrue de l'artillerie est d'avoir doté les pièces de trains de roulement modernes qui, conjugués au poids décroissant des pièces (mieux fondues, elles requièrent un calibre moindre donc s'allègent), les rendent plus mobiles et donc aptes à suivre une armée en campagne.

Pour la fortification, toutes ces évolutions ont une importance cruciale. La précision qu'atteignent bientôt les canons et la cadence de tir offrent la possibilité de tirer relativement rapidement plusieurs fois au même endroit, ce à quoi aucune maçonnerie, quelle que soit son épaisseur, ne peut résister. Les machineries médiévales comme les catapultes et autres trébuchets n'ont jamais permis l'application répétée aussi précise d'un tel pouvoir brisant. La poliorcétique (l'art d'assiéger) avance d'un grand pas, les ingénieurs de la fortification doivent repenser rapidement et de fond en comble leurs solutions défensives.

Clisson

l est clair à la lecture de ce qu'il précède que les hautes courtines, tours massives et autres ouvrages visant à dominer physiquement l'assaillant par la hauteur sont condamnés. Les premiers ingénieurs à offrir des réponses sont italiens. Mais des réponses encore empiriques et ne donnant pas lieu à la notion de "système" apparaissent dès le milieu du XIVème.

La première réponse conceptuelle consiste, comme dans la Basteja polonaise de Cracovie, en tours à canons massives permettant de supporter le poids de multiples pièces destinées à contre-battre l'artillerie adverse ou à utiliser des surfaces rondes pour dévier les coups.
Le château de Clisson, proche de Nantes, offre un exemple frappant d'une telle forteresse médiévale offrant les adaptations dictées par les nouveaux moyens des assaillants.

Toutefois, cette voie ne représentera qu'une évolution mineure et sans lendemain, la solution viendra de l'invention du bastion.
Déjà présent dans les défenses de Pise bâties en 1433, le bastion connaît des formes multiples et hésitantes. Puis un principe essentiel se développe, celui d'un angle du flanc du bastion permettant aux canons de flanquer les flancs du bastion suivant ou la courtine s'étendant entre eux. La forme du bastion "en flèche" va rapidement s'imposer, les angles eux-mêmes vont en revanche nourrir les différentes théories d la fortification pour les 3 siècles à venir!!



Puce de sÚparation

Salses

ne illustration de la transition entre les châteaux forts et les forts bastionnés est superbement illustrée par la forteresse espagnole de Salses construite en 1498. Si nul bastion ne s'y voit, d'autres évolutions capitales y apparaissent.

Pour accéder aux pages qui y sont consacrées, cliquer ci-dessous :

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Sinon, la vue aérienne ci-contre vous permettra d'avoir une idée de l'ensemble.
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Si vous ne lisez pas les pages spécifiquement dédiées, voici un résumé des caractères innovants de Salses. Ces caractères se retrouvent parfois ailleurs mais pas tous ensemble.
  • l'ouvrage est enterré. Ainsi l'artillerie ne peut plus atteindre que le sommet des courtines mais devient plus ou moins incapable de ruiner la muraille elle-même.



  • la forteresse présente des ouvrages avancés, indépendants du corps de la place. Leur fonction est de retarder l'assaillant dans l'investissement du corps de la place. Il devra d'abord réduire cet ouvrage avant de pouvoir s'attaquer à la forteresse elle-même. Inversement, sa perte ne compromet pas le fort tout entier. Vauban portera cet usage des ouvrages détachés au sommet de son art.


  • les courtines ne sont plus crénelées mais présentent des embrasures à canon. Cela traduit désormais le rôle essentiel du canon. C'est depuis ces embrasures qu'il va assurer le contrôle des alentours et les tirs de contre-batterie. La mousquetterie est reléguée au rang secondaire de défense immédiate des murs. Des ouvrages spécifiques comme les caponnières, apparues dans l'oeuvre de l'ingénieur di Giorgio à la fin du XIVème viennent compléter le dispositif de défense de l'ouvrage.




Puce de sÚparation

Encore un peu de
Technique...

ne Ecole Germanique naît durant la Guerre d'Indépendance Hollandaise. Ses apports sont capitaux:

  • Le profil de la forteresse est désormais rasant. On ne compte plus du tout sur la domination physique du terrain;



  • le fossé devient essentiel. Il est le seul véritable obstacle entre l'assaillant et la place elle-même. Les Hollandais ont les moyens de les remplir d'eau, ce qui en fait un obstacle redoutable;


  • introduction du glacis et du chemin couvert. Le glacis permet de rajouter un élément défensif dont la pente et le dénuement rendent le franchissement redoutable par l'assaillant.
    Le chemin couvert est une sorte de petite enceinte située au sommet du glacis et séparée de la place par le fossé. Elle permet donc aux défenseurs de fusiller sans vergogne tout adversaire situé sur le glacis pendant que les pièces de la place, situées sur le rempart proprement dit tirent au loin. Il y a donc un étagement des feux. C'est un des principes fondateurs de la fortersse bastionnée! A noter que le chemin couvert n'offre aucune protection côté forteresse. Sa prise par l'attaquant ne lui donc aucune protection contre les tirs venus du fort...


  • Enfin, l'usage de la terre devient prépondérant. Elle provient du creusement des fossés, et permet d'ériger glacis et remparts. Tassée, elle est maintenant en place (sauf, souvent, en Hollande) par des maçonneries non dénuées d'élégance d'ailleurs. Le mur du fossé côté forteresse est l'escarpe et côté assaillant est la contre-escarpe.




  • Tous ces principes se trouvent mis en application dès 1533 dans la forteresse de Breda. Pour comparer le chemin parcouru, la fortersse de Naarden illustre ces nouveaux concepts ayant totalement supplanté ceux en vigueur pendant plusieurs dizaines de siècles...

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    Nouvelle photo depuis le 22 février 2002


    Puce de sÚparation

    Montmélian
    et Namur

    'heure de la normalisation a sonné ainsi que celle de l'apparition des grands systèmes de fortification. Les deux exemples suivants montrent cependant que si certains forts sont construits en respectant les nouveaux principes, s'agissant des villes, les efforts successifs de fortification peuvent parfois se succéder.

    La Forteresse de Montmélian, démantelée par Louis XIV, offre une illustration de ce que devient la fortification à l'ère de la Poudre : la ville conserve son enceinte médiévale à pe près intacte tant que la citadelle devient un curieux mélange mariant les restes du château médiéval et une forteresse bastionnée. En effet, le château médiéval se voit adjoindre un front bastionné permettant d'étendre le périmètre défensif, de l'enterrer tout en l'armant de nombreux canons.


    S'agisant de Namur, ce sont deux illustrations distantes de 50 ans qui permettent de voir comment l'enceinte médiévale, intégrée jusqu'en 1649, aura complètement disparu à la fin du 17ème siècle.



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